Monthly Archives: January 2014

L’ANGLETERRE PRISE DE FOLIE ? / ENGLAND TAKEN OF INSANITY ?

Camions publicitaires « go home » parcourant les quartiers habités par de nombreux étrangers, sms « régularisez votre situation ou quittez le pays » envoyés aux sans-papiers supposés, projet de loi réduisant considérablement les droits sociaux des étrangers précaires et notamment des sans-papiers et intensifiant la répression à leur encontre, panique médiatique à la levée des limitations d’accès au marché du travail pour les ressortissants bulgares et roumains… Le Royaume-uni semble pris dans une spirale de surenchère xénophobe dont on ne sait pas comment elle peut s’arrêter.

 

La situation à la frontière britannique est un des résultats de cet emballement politico-médiatique. Bien sûr les États riverains peuvent choisir une politique d’accueil dans des conditions dignes des exilés de passage. Encore faut-il qu’ils aient la volonté de résister aux pressions du gouvernement britannique, mais surtout qu’ils ne soient pas eux-mêmes engagés dans une politique xénophobe.

 

Face à ces politiques, les liens et les solidarités sont à construire entre mouvement sociaux de part et d’autre de la frontière.

 

 

Advertising truck “go home” browsing neighborhoods inhabited by many foreigners , sms “regularize your situation or leave the country” sent to supposed undocumented people, bill slashing social rights of precarious foreigners including undocumented, and intensifying repression against them, media panic when access limitations to the labor market for Bulgarian and Romanian nationals were lifted … The United Kingdom seems caught in a spiral of escalation xenophobic which we do not know how it can stop.

 

The situation at the British border is an outcome of this political-media frenzy. Sure riparian States may choose a home policy with worthly conditions for exiles passing. But they must still have the will to resist pressure from the British government, and mostly not to be themselves engaged in a xenophobic policy.

 

Faced with these policies, links and solidarity have to be built between social movements on both sides of the border.

 

 

 

 

 

EN BELGIQUE AUSSI / IN BELGIUM ALSO

Les symptômes se font sentir dans les campements du côté français de la frontière : il y a une grosse mobilisation policière et médiatique en Belgique sur les migrants qui viendraient de France et qu’on retrouve sur les parkings d’autoroute pour monter dans les camions. Des exilés racontent comment ils ont été encerclés par un nombre important de policiers sur les parkings ou à proximité, tandis que des télévisions belges viennent dans les campements en France filmer les envahisseurs près à se ruer sur leur pays.

Comme d’habitude, il faut distinguer la réalité de la mise en scène.

La réalité, c’est que des exilés essayent de passer en Angleterre par les camions montant dans les ferrys dans les ports belges, Ostende et Zeebruges. C’était déjà le cas à l’époque où le Centre de Sangatte existait près de Calais (entre 1999 et 2002), mais le phénomène est devenu plus important avec la dispersion des exilés qui a suivi sa fermeture. Traditionnellement on avait une situation proche de celle de Calais à Ostende, tandis que Zeebruges était un simple lieu où les exilés venaient la nuit tenter le passage, mais sans lieux de vie permanents. La situation a évolué récemment avec l’interruption des liaisons ferry entre Ostende et l’Angleterre.

Et puis il y a un autre phénomène, les exilés remontent vers des parkings autoroutiers plus loin des ports, parce qu’il y a moins de contrôles. Ainsi des exilés viennent de France pour monter sur des parkings belges dans des camions qui reviennent le plus souvent vers Calais pour traverser vers l’Angleterre. Là encore, ce n’est pas nouveau.

Et comme il y a des accords franco-britanniques portant sur le contrôle de la frontière, il y a des accords franco-belges. Si le phénomène est moins visible en Belgique, on remarque depuis quelques années une intensification des opérations policières et de leur médiatisation.

Alors pourquoi ces déploiements policiers et cette médiatisation maintenant du côté belge ? S’agit-il simplement d’un signal en direction de l’opinion belge, le gouvernement se mettant en scène comme protecteur actif contre l’Invasion ? Ou d’un jeu plus complexe qui implique aussi le Royaume-uni et la France ? Après tout, Manuel Valls, ministre français de l’intérieur, a fait en décembre une visite médiatique à Calais, a évoqué la renégociation des accords franco-britanniques, a évoqué la possibilité d’un accueil plus digne des exilés – tout en consolidant les moyens de répression. Ce genre de visite médiatique du ministre de l’intérieur ou de l’immigration s’est accompagnée dans le passé de nouveaux accords franco-britanniques (Sarkozy et le Traité du Touquet en 2002-2003, Besson et le Sommet d’Évian en 2009). Mais dans nos pays de grande transparence démocratique, il est difficile de savoir ce que les gouvernements négocient en notre nom.

Symptoms are felt in the camps on the French side of the border there is a large police and media mobilization in Belgium on migrants who come from France and found on motorway parking to ride in trucks. Exiles tell how they were surrounded by a large number of police on car parks nearby, while Belgian televisions come in camps in France filming the invaders near to rush their country.

As usual, we must distinguish the reality and the staging.

The reality is that the exiles try to go to England by trucks on ferries in Belgian ports, Ostend and Zeebrugge . This was already the case at the time when the Sangatte center was near Calais (between 1999 and 2002), but the phenomenon has become more important with the dispersion of exiles that followed its closure. Traditionally there is a situation similar to that from Calais in Ostend , Zeebrugge while was a simple place where the exiles came at night to attempt the passage, but without permanent places of life. The situation has recently changed with the interruption of the ferry connections between Ostend and England.

And then there is another phenomenon, the exiles back to motorway parking further away from the ports, because there are fewer controls. And exiles from France to ride on Belgian parking in trucks that come up most often to Calais crossing to England. Again, this is not new.

And as there are Franco-British agreements on border control, there are Franco-Belgian agreements. If the phenomenon is less visible in Belgium, we note recent years intensified police operations and their mediatisation.

So why these police deployments and the mediatisation now on the Belgian side ? Is it simply a signal to the Belgian public opinion, the government is staging as active protective against Invasion ? Or a more complex game that also involves the United Kingdom and France ? After all, Manuel Valls, French Minister of the Interior, made in December a media visit to Calais, discussed the renegotiation of Franco-British agreements, raised the possibility of a more worthy reception of exiles – while consolidating means of repression. This kind of media visit of the Minister of Interior or immigration has been accompanied in the past by new Franco-British agreements (Sarkozy and Le Touquet Treaty in 2002-2003, Besson and the Evian Summit in 2009). But in our countries of great democratic transparency, it is difficult to know what governments negotiate on our behalf.

CALAIS À L’ÈRE VALLS / CALAIS IN THE AGE OF VALLS

Visite plusieurs fois annoncée, plusieurs fois reportée, Manuel Valls, ministre de l’intérieur, est venu à Calais le 12 décembre.

La visite à Calais est devenue un exercice obligé pour les ministres de l’intérieur et de l’immigration, Sarkozy en 2002 et la fermeture du Centre de Sangatte, Besson en 2009 et la « fermeture de la Jungle de Calais ». C’est en plus un moment où le présidentiable Valls se met en scène comme chef de file des socialistes aux municipales.

Sa visite a été constituée de différents moments, au cours desquels il s’est présenté de manière différente devant des personnes différentes. On en retire comme impression qu’il a dit à chacun ce qu’il souhaitait entendre, tout en se montrant toujours « à l’écoute ». Notamment, aux associations il a annoncé la disponibilité de l’État à travailler sur l’idée de « maisons du migrant », tandis qu’il parlait renforcement de la lutte contre les mêmes migrants aux policiers et à la maire de Calais.

Avec un peu de recul, les ouvertures en direction des associations sont confirmées dans le discours, mais ne se concrétisent pas – ou pas encore. Il faudra attendre que les élections passent pour qu’on puisse voir s’il s’agit d’un simple désamorçage des mécontentements par des promesses sans lendemain, ou s’il s’agit d’une orientation nouvelle de la politique de l’État.

Par contre, le volet répressif est bien en place, avec la sédentarisation d’une compagnie de CRS à Calais (jusqu’à présent, les compagnies de CRS tournaient et étaient remplacées toutes les trois semaines), la relégitimation dans le discours officiel de la répression policière, et une intensification des opérations de déguerpissement pression mise les personnes pour qu’elles dégagent de certains lieux). Présence massive de la police autour du lieu de distribution des repas aux heures de distribution de manière à dissuader les exilés d’y venir, contrôles au faciès répétés dans les lieux publics dont on veut chasser les exilés, contrôles répétés et plus ou moins brutaux dans les campements, parfois plusieurs fois au cours de la même matinée, destructions de tentes et d’effets personnels, expulsions sans procédures, l’arsenal du harcèlement est là et bien là.

Visit repeatedly announced, postponed several times , Manuel Valls, interior minister , came to Calais on December 12 .

The visit to Calais has become a necessary exercise for the Ministers of the Interior and Immigration , Sarkozy in 2002 and the closure of the Sangatte Centre , Besson in 2009 and ” closing the Jungle of Calais .” This is in addition a time when the presidential Valls takes the stage as leader of the socialist municipal campaign.

His visit was made of different times in which he presented himself differently to different people. One gets as print he told everyone what he wanted to hear , while showing himself “listening preoccupations”. Notably, he has announced to the associations the availability of the state to work on the idea of “houses of migrant” as he spoke of strengthening the fight against the same migrants to the police and the mayor of Calais.

With hindsight , the openings to the associations are confirmed in the speech, but did not materialize – or not yet . We will be able to see only after the elections if it is a simple way to defuse discontent by empty promises , or whether it is a new policy direction of the State.

For cons , the punitive aspect is in place , with the settlement of a company of CRS in Calais (until now , companies of CRS turned and were replaced every three weeks ) , the re-legitimization in the official discourse of the police repression and eviction operations increased pressure put people so that they give up some places . Massive police presence around the place of food distribution at the distribution time to deter exiles to come , controls facies repeated in public places which they want to chase the exiles , repeated checks , more or less brutal , in camps , sometimes several times during the same morning , destruction of tents and personal belongings , evictions whithout legal procedures, the harassment arsenal is here.